photo du starter pack générée par IA du chanteur Eddie Nolann

L’envers du décor : l’empreinte écologique de l’IA

Alors que l’intelligence artificielle continue de s’imposer dans tous les secteurs, révolutionnant les méthodes de travail et générant autant d’enthousiasme que d’inquiétudes, une question émerge de plus en plus : quel est son véritable coût écologique ?

Une technologie omniprésente, souvent invisible

L’IA n’est plus une innovation réservée aux laboratoires de recherche ou aux grandes entreprises. Elle s’est glissée dans le quotidien de millions de personnes. GPS, assistants vocaux, algorithmes de recommandation sur les plateformes de streaming ou les réseaux sociaux : l’IA est là, souvent sans qu’on en prenne conscience.

Si ces outils peuvent sembler anodins, leur fonctionnement repose sur des infrastructures énergivores et des bases de données massives. Et cela a un prix.

Droit d’auteur : des dérives qui interrogent

En parallèle, l’IA soulève de nombreuses préoccupations juridiques et éthiques. OpenAI, par exemple, a été visée par une action en justice au Canada, accusée d’avoir utilisé des contenus protégés sans autorisation pour entraîner ses modèles.

Autre débat récent : la génération d’images dans le style des films du Studio Ghibli, partagées massivement sur les réseaux sociaux. Un choix créatif qui va à l’encontre des convictions de son fondateur, Hayao Miyazaki, opposé à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’art. Pour beaucoup, ces détournements remettent en question le respect de la création artistique et de ses auteurs.

photo du starter pack générée par IA du chanteur Eddie Nolann
photo du starter pack générée par IA du chanteur Eddie Nolann
photo du starter pack générée par IA du chanteur Eddie Nolann

Vous n’avez pas pu échapper à la déferlante du moment : les images de starter pack sur les réseaux sociaux.

Une consommation énergétique en forte hausse

Au-delà des enjeux éthiques, l’impact environnemental de l’IA commence à susciter de sérieuses inquiétudes. Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), les centres de données liés à l’IA auraient consommé environ 415 térawattheures (TWh) d’électricité en 2024, soit 1,5 % de la consommation mondiale.

Et cette tendance est loin de ralentir : les projections estiment que cette part pourrait atteindre 3 % d’ici 2030, ce qui placerait l’IA au-dessus de la consommation énergétique annuelle d’un pays comme le Japon.

À cela s’ajoute un autre chiffre, plus méconnu : il faut entre 2 et 5 litres d’eau pour générer une seule image à l’aide d’une IA. Une donnée frappante, surtout quand on la compare à la production d’un litre de Coca-Cola, qui nécessite 1,27 litre d’eau. Autrement dit, une image IA = jusqu’à 4 litres de soda

(Source siecledigital.fr)

Une planète déjà sous pression

Cette consommation exponentielle intervient dans un contexte environnemental tendu. Le « jour du dépassement », soit la date à laquelle l’humanité a épuisé les ressources naturelles renouvelables de la planète pour l’année, est tombé le 2 août en 2022. Un cap franchi chaque année plus tôt. En 2020, seule la pandémie mondiale avait permis de retarder cette échéance de quelques semaines.

(Source climate.selectra.com)

Une innovation à encadrer

L’intelligence artificielle est sans conteste une avancée majeure. Elle facilite la création, automatise les tâches complexes, accélère la production de contenu. Mais elle n’est pas sans conséquence.

Pour les experts, la solution ne réside pas dans un rejet de la technologie, mais dans une utilisation plus raisonnée. Encadrer, réguler, optimiser les infrastructures : des mesures seront indispensables pour limiter l’impact écologique de cette révolution numérique.

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